Les championnats du jus

30 octobre 2010

Voici les concurrents : deux extracteurs de jus à différents modes de fonctionnement. A gauche, Le Duo de Magimix, centrifugeuse toujours en forme après dix ans de bons et loyaux services. A droite, le Champion 2000+, extracteur de type broyeur fraîchement débarqué de Californie après un petit détour par Lyon.

Juicers

Pourquoi m’offrir un nouvel extracteur alors que l’ancien marche encore ? Surtout parce que j’ai souvent lu que le "broyeur" ou "malaxeur" donne une plus grande quantité de jus et préserve mieux les nutriments des aliments – trois à quatre fois plus, selon ce site. Ce type de machine produirait moins de chaleur et le broyage n’éclaterait pas la structure des cellules, d’où un jus plus sain et plus savoureux.

Je ne possède pas de quoi mesurer les vitamines, mais j’ai pu comparer mes deux machines selon plusieurs critères, à commencer par :

L’encombrement
Dans une petite cuisine, il est sûr que le Magimix prendrait l’avantage, occupant à peu près la moitié de la place sur un plan de travail ou dans un placard. Cela dit, une machine rangée risque moins d’être utilisée régulièrement…

La facilité d’emploi
Similaire pour les deux machines. On est obligé de couper les ingrédients en morceaux assez minces pour qu’ils rentrent dans l’entonnoir.

Le Champion convient mieux pour préparer du jus en quantité, la pulpe étant expulsée en continu. Avec le Magimix, la pulpe est retenue à l’intérieur de la machine et au bout d’un moment il faut la nettoyer avant de poursuivre.

Le rendement
Le principal argument commercial pour le Champion est qu’il offre un rendement nettement supérieur à celui d’une centrifugeuse. Afin de me rassurer que je n’avais pas gaspillé mon argent, j’ai préparé le même jus avec les deux, en utilisant exactement les mêmes quantités d’ingrédients : 250 g de pommes et 250 g de carottes. Ce jus économique et délicieux ne pose pas de problèmes particuliers d’extraction. Avec le Magimix, j’ai obtenu 300 ml de jus ; avec le Champion, 350 ml : 12,5% de plus. Une différence significative pour un fabricant industriel, mais pas trop visible à l’oeil nu :

Jus x 2A

Le jus du Champion, à droite, est plus épais et plus homogène. On peut éventuellement y rajouter de l’eau. Un leger dépôt, visible sur la photo, se forme rapidement au fond du jus préparé avec le Magimix.

La sécurité
Evidemment, il faut débrancher la machine dès qu’elle ne tourne plus, et bien sûr, on utilise le poussoir plutôt que les doigts pour enfoncer les morceaux d’ingrédients dans l’entonnoir… Un message en caractères rouges sur le corps du Champion met en garde contre ce danger.

Cependant, deux autres risques méritent d’être signalés. Les lames du Champion se trouvent tout près de la sortie de pulpe, juste à l’intérieur de la machine. De petits doigts pourraient s’y aventurer plus facilement que dans l’entonnoir, qui se trouve plus haut. Dans le cas du Magimix, dès qu’une trop grande quantité de pulpe s’accumule, la machine se déstabilise et se met, tout d’un coup, à sautiller sur le plan de travail, d’où elle pourrait facilement se suicider si par hasard elle se trouvait trop près du bord… C’est très impressionnant la première fois que ça arrive ! Encore une raison de ne jamais la laisser tourner sans surveillance.

Les résidus
Là, je laisse parler les images :

Pulp

Ce n’est pas uniquement que le Champion produit moins de résidus, c’est aussi qu’ils sont vraiment bien broyés et compactés, et prennent donc moins de place.

La pulpe du Champion, à droite, est prête à être incorporée dans d’autres préparations : biscuits, gâteaux, galettes de légumes…

La facilité de nettoyage
Les deux machines sont faciles à nettoyer, à condition de s’en occuper tout de suite après la préparation du jus. Personnellement, quitte à laisser s’envoler quelques vitamines, je mets le jus au frigo le temps de rincer les composants sous l’eau tiède (on a rarement besoin de liquide vaisselle). Une brosse et une petite éponge, assorties aux bons gestes rapidement acquis, suffisent à faire partir les déchets.

Reste à considérer :

Le prix
J’ai acheté le Champion 2000+ sur le site de Vitaliseur de Marion à €309 (frais d’envoi offerts). Le Duo Magimix est toujours disponible – chez Darty, par exemple, où il coûte €149. Des machines moins chères existent, mais il s’agit d’un investissement important et j’ai préféré privilégier la qualité. Après, c’est à chacun de peser le pour et le contre…

Les chats : est-ce bien végan ?

18 octobre 2010

Voici deux des quatre raisons pourquoi je ne pourrais jamais être végane à 100% :

Calico+Sesame_comp

Calico (à gauche) et Sesame ne sont plus tout à fait aussi jeunes que sur la photo, mais il sont toujours aussi beaux et adorables.

Jeton4

La troisième raison, à droite, s’appelle Jeton. Il a deux ans et c’est le chat le plus câlin que l’on puisse imaginer. Et puis ci-dessous c’est Cressida, la petite dernière née au début de l’année. Elle aurait pu s’appeler Diane ou Artémis, tellement elle est adepte de la chasse… Pas la peine, donc, de leur acheter des boîtes véganes, car de toute façon ils vont chercher leurs propres protéines dehors.

 
Cressida

Or, ils paraît que les véritables végans n’exploitent les animaux en aucune manière, y compris en possédant des animaux de compagnie. Je comprends et respecte le point de vue de ceux qui raisonnent ainsi, mais j’ai toujours vécu avec des chats, et j’aurais beaucoup de mal à m’en passer.

C’est sûr qu’ils ne sont pas maltraités, nos chats. Ils vont et viennent comme ils veulent, dans un grand jardin et bien au-delà. Oui, mais… stérilisés, vaccinés, nourris, ils n’ont pas la même liberté qu’un chat qui naît libre, même si ce dernier aura toujours l’existence plus précaire et parfois moins confortable.

En tout cas, un grand merci à Sandrine du blog Végébon qui a eu l’excellente idée de réunir des liens vers des photos de chats de blogueuses dans cet article. Je suis impatiente de découvrir vos chats, ainsi que vos états d’âme à ce sujet…

La salade russe de Roger

11 octobre 2010

Roger avait préparé deux versions de cette salade : une, végétalienne, pour moi et une à la mayonnaise pour les autres convives. C’était la mienne qui attirait tous les regards avec ses betteraves enrobées de vinaigrette qui brillaient comme des bijoux.

On était tous d’accord que ce qui rendait cette salade exceptionnelle était le contraste entre les pommes acides du jardin de Roger et les autres ingrédients. Puisqu’ici ce ne sont pas les pommes qui manquent non plus en ce moment, je n’ai pas tardé à concocter une salade similaire.

Salade russe 2

Si vous devez acheter les pommes, il me semble que les Granny ou les Reinettes Grises du Canada conviendraient bien à cette recette.

Pour la petite histoire, j’ai lu peu après dans l’excellent magazine Vivre Paris que la salade que nous appelons "salade russe" a été inventée par un Français à Moscou et que les Russes l’appellent "salade Olivier".

Pour 2 personnes

400 g de pommes de terre à chair ferme
Une grosse pomme acide (la mienne pesait 200 g)
Une grosse betterave cuite
Un demi-concombre
1 ou 2 échalotes
1 c à s de vinaigre de cidre
1 c à c de moutarde
3 c à s d’huile d’olive
Sel et poivre du moulin

Faites cuire les pomme de terre à l’eau ou à la vapeur, avec leur peau. Pelez-les dès qu’elles ont refroidi un peu et coupez-les en dés assez gros. (J’aime bien ajouter la vinaigrette aux salades de pommes de terre lorsque les pommes sont encore tièdes, pour qu’elles absorbent mieux les saveurs, mais ce n’est pas indispensable.)

Pelez et coupez en dés la pomme fruit, le concombre et les échalotes. Mettez-les dans un saladier. Ajoutez la betterave, coupée en dés également.

Mettez le vinaigre et la moutarde dans un petit bocal et secouez bien. Ajoutez l’huile et secouez de nouveau. Salez et poivrez. Versez cette vinaigrette sur les légumes et touillez légèrement.

Sous le soleil de Charleville

6 octobre 2010

Le Sedan-Charleville est la plus ancienne course pedestre de ville à ville de France. Pour le 90ème édition dimanche dernier, Christelle – indéfatigable déléguée de l’Association Végétarienne de France pour les Ardennes – avait organisé un groupe de coureurs "défense animale".

L’idée était que chacun court avec le t-shirt de l’organisation qu’il soutenait, que ce soit végéta*ien, ou autre. J’avais décidé de participer en portant le t-shirt de la Vegan Society britannique, qui arbore le slogan "Vegans go all the way" ("Les végétaliens vont jusqu’au bout"). J’avais la traduction épinglée dans le dos.

En attendant que les aires d’autoroute et les hôtels proposent de la nourriture végétalienne (si, si, il faut garder l’espoir !), dès vendredi j’ai commencé à préparer tout ce dont j’aurais besoin pendant le weekend. En voici un aperçu :

Boulghour-légumes
 
 
 
Pour samedi soir, du boulghour et des légumes, agrémentés d’une petite sauce au kochu chang.
 
 
 
Teurgoule
En dessert, ce qu’on appelle chez nous "le riz au lait de Virginie". Virginie, elle, l’appelle Teurgoule et la recette est sur son blog. J’ai réduit la quantité de sucre, supprimé le calva et remplacé la poire par une pomme (on croule sous les pommes en ce moment).
 
Salade avocat
 
Pour les cinq heures de route samedi, une petite salade en guise de déjeuner, avec du concombre et de l’avocat. J’ai mis le pain dans la salade – c’était plus simple.
 
 
En-cas
 
 
En cas de petite faim : des fruits et les incontournables "oatcakes" (que j’achète ici).
 
 
 
Petit-déj
 
Et le plus important, le petit-déjeuner de dimanche : une galette toute simple de flocons d’avoine, de banane et d’un peu de lait végétal.
 
 
Dernièrement, pour les recettes de ce genre je me suis inspiré de l’excellent Secrets d’endurance de Kecily et Kristof Berg (Ed. La Plage). Ce couple d’athlètes de haut niveau a créé une trentaine de recettes savoureuses, saines et – si on remplace le miel suggéré quelquefois par du sirop d’érable ou d’agave – parfaitement végétales. Leur blog est une autre source de bonnes idées (pour la cuisine, mais aussi pour l’entraînement).

Les barres, biscuits et smoothies dans le livre, bourrés d’énergie et mis en valeur par les photos d’Eric Fénot, portent des noms évocateurs des endroits exotiques où Kecily et Kristof vont courir des 30 km, marathons et autres ultra trail.

Moi, par contre, je me limite normalement au semi-marathon (21,1 km), alors les 24,3 km du Sedan-Charleville représentaient déjà un défi, ainsi que le parcours vallonné le long de la Meuse. Mais le plus dur, c’était la météo : 25°C l’après-midi en octobre, c’est assez exceptionnel, et magnifique tant qu’on ne court pas… mais dès le départ Christelle, Kate et moi n’étions pas seules à savoir que nous allions souffrir. Au moins, c’était pour de bonnes causes.
 
3_végés_blog
 
Christelle, qui mène notre petit groupe sur la photo, avait des logos AVF un peu partout et le message "Pour dire tout haut ce que les animaux souffrent tout bas" au dos. Kate, à gauche, portait un t-shirt contre la corrida (et des cornes sur la tête pour souligner le point). Et à droite, c’est moi.

Kate a franchi la ligne d’arrivée en 2 heures 40, suivie quelques minutes plus tard par Christelle et puis moi-même. Vu la chaleur qu’il faisait, on était toutes contentes d’avoir terminé en moins de trois heures.
 
 
Finalement on était peu nombreuses, mais l’intérêt qu’on nous a témoigné montre que beaucoup de gens sont sensibles à la souffrance des animaux, même s’ils les mangent encore… Et comme disait Christelle : "C’est bien d’être au début de quelque chose !" On peut aussi participer à cette course en marchant ou à vélo, les encouragements des multiples spectateurs rendent l’ambiance très sympa, et c’est une occasion de connaître la jolie région de Charleville-Mézières et de Sedan.

Qui a envie de venir nous rejoindre l’année prochaine ?

Pizza une saison

27 septembre 2010

En réfléchissant à l’impact de ma cuisine sur l’environnement pour ce concours (il vous reste trois jours pour vous y inscrire !), j’ai eu l’idée de faire une pizza uniquement avec ce que je trouvais dans mon potager : un des premiers potimarrons, les derniers épis de maïs, quelques courgettes, deux petits oignons et quelques brins de sauge.

Pizza veg2

Bien sûr, j’aurais pu y ajouter des tomates mais je trouvais intéressant aussi de tester une pizza sans fromage ni tomate.

Puisque je ne cultive pas de blé, j’ai dû sélectionner une farine qui avait subi quelques 80 km de transport au biocoop le plus proche, suivi d’environ 35 km jusqu’à chez moi. Voilà pour les ingrédients principaux… L’huile d’olive avait connu un trajet plus long, mais elle était quand-même française.

Cette recette donne deux pizzas, pour deux à quatre personnes, selon les appétits. On peut préparer la deuxième pendant la cuisson de la première (qu’on gardera ensuite au chaud) et les servir ensemble, mais je trouve plus convivial de découper et manger d’abord la première. La pâte n’en souffrira pas, et les inconditionnels des garnitures disons plus traditionnelles pourront rajouter d’autres ingrédients sur leur moitié/tiers/quart.

On peut aussi badigeonner le deuxième pâton d’un peu d’huile, le placer dans un sac plastique (en lui laissant de la place pour gonfler) et le mettre au frigo jusqu’au lendemain.

Pizza 1 saison
250 g de farine bise (T80)
½ c à c de sel
1 c à c de levure instantanée
1 c à c d’huile d’olive

Légumes pour garniture : ce que vous trouvez au potager, au marché, dans votre biocoop, dans votre panier AMAPP…

Mélangez la farine, le sel et la levure dans un saladier. Ajouter 150 ml d’eau tiède et malaxez jusqu’à obtenir une pâte un peu collante. Couvrez le saladier d’un torchon et laissez reposer 10 minutes.

Versez l’huile d’olive sur le plan de travail. Avec les mains encore huilées, placez la pâte (qui sera déjà plus élastique) là-dessus et pétrissez pendant une minute environ afin de bien incorporer l’huile. Posez le saladier à l’envers sur la pâte et laissez reposer 20 minutes.

Pétrissez de nouveau quelques secondes, remettez le saladier à l’envers et laissez reposer une heure.

Pendant ce temps, préparez vos légumes.
(J’ai fait rôtir des morceaux de potimarron et d’oignon pendant 20 minutes à 200°C, cuisiné le maïs à l’eau pendant cinq minutes et coupé les courgettes en tranches fines).

Faites préchauffer le four à 230°C (Th 8). Si vous avez une pierre à pizza, mettez-la à chauffer également.

Divisez la pâte en deux. Laissez un des pâtons sous le saladier pour tout à l’heure et farinez bien le plan de travail. Etalez l’autre pâton pour faire un cercle de 30-35 cm de diamètre (j’utilise un rouleau à pâtisserie mais vous pourriez vous aventurer à jouer les piazzioli en le jetant en l’air).

Sortez la pierre du four, ou garnissez une plaque avec du papier cuisson (rien ne nous oblige à faire des pizzas rondes, après tout). Avec précaution, transférez la pâte sur le support choisi. Ce n’est pas grave si elle perd un peu ses formes : vous pouvez essayer d’y rémédier ou la laisser telle quelle. Puis disposez les légumes par dessus le plus rapidement possible et faites cuire la pizza jusqu’à ce que les bords commencent à dorer (12 minutes dans mon four).

Dégustez avec quelques flocons de fleur de sel et un filet d’huile d’olive.

Kokas

23 septembre 2010

Un des points forts de cet été qui vient de se terminer était le festival Val de Jazz, qui a lieu dans plusieurs villes le long de la Loire entre Gien et Sancerre.

L’édition 2010 nous a permis de découvrir les virtuoses et désopilants Doigts de l’Homme et d’absorber un peu de l’énergie de l’étonnant Johnny Clegg. Cerise gourmande sur ce gâteau musical, à la place du camion saucisses-frites habituel on a trouvé de l’excellente pâtisserie sucrée et salée, faite maison par David Atlan, de Saint-Satur (18).

J’ai flashé sur les kokas, sortes de chaussons miniatures farcis de tomate, poivron et ail que j’ai tout de suite décidé d’essayer de reproduire.

Après plusieurs tentatives franchement pas convaincantes (surtout parce que la pâte à eau chaude recommandée dans les recettes que j’avais trouvées s’avérait trop friable en version végétale), j’ai eu l’idée de préparer cette spécialité pied-noir avec ma pâte à samosas. J’ai ainsi appris que cette pâte peut cuire au four au lieu d’être frite – une découverte qui va rendre mes prochains samosas nettement moins gras !

Si vous arrivez à vous procurer de la farine ata (ou atta – celle qu’on utilise pour les chapatis) dans une épicerie indienne, la pâte sera plus facile à travailler. Sinon, la farine bise (T80) donne aussi de bons résultats.

Kokas 1

Pour 16 kokas

200 g d’ata (ou farine T80)
4 c à s d’huile de tournesol
Une pincée de sel

2 poivrons rouges
400 g de tomates à chair ferme
4 grandes gousses d’ail
1 c à s d’huile d’olive
½ c à c de fenouil moulu
Sel et poivre du moulin
1 c à c de vinaigre de cidre
2 c à c de lait végétal
Une pincée de curcuma
½ c à c de graines de nigelle (kalonji – facultatif)

Commencez par faire griller les poivrons entiers dans un four très chaud, en les retournant de temps à autre, jusqu’à ce que la peau noircisse et se détache un peu. Cela prend environ 20 minutes. Sortez-les du four, couvrez d’un torchon propre et laissez refroidir.

Mélangez la farine et le sel dans un saladier. Ajoutez l’huile de tournesol et émiettez un peu avec les doigts. Ajoutez 4 c à s d’eau fraîche, ou juste ce qu’il faut pour former une boule.

Pétrissez cette pâte pendant 5 minutes environ, le temps qu’elle devienne lisse et non friable. Puis enveloppez-la dans du film alimentaire et laissez reposer au moins une heure sur le plan de travail.

Enlevez la peau, la tige et les pépins des poivrons. Pelez l’ail et les tomates. Ecrasez l’ail avec un couteau et hachez les poivrons et tomates grossièrement.

Faites chauffer l’huile d’olive dans une poêle, anti-adhérente de préférence, et jetez-y le fenouil. Rajoutez tout de suite les légumes et faites-les revenir jusqu’à obtenir une purée assez sèche. Quand elle commence à coller un peu, c’est bon. Salez et poivrez.

Laissez refroidir la purée, puis rajoutez le vinaigre de cidre.

Préchauffez le four à 200°C (Th 6).

Divisez la pâte en 16. Etalez chaque morceau pour faire un cercle d’environ 10 cm de diamètre. Mettez un bon c à c de la purée au milieu, mouillez légèrement les bords et refermez pour former des chaussons. Pincez et rabattez bien les bords avec les doigts.

Mettez le lait végétal et le curcuma dans un petit bocal et secouez bien. Badigeonnez les kokas de ce mélange et saupoudrez de graines de nigelle (ou de graines de cumin, ou de paprika moulu…).

Déposez les kokas sur une plaque garnie de papier cuisson et enfournez-les pendant une vingtaine de minutes.

Un défi culinaire

21 septembre 2010

Sandrine du blog Végébon nous propose une belle façon de mettre en avant la cuisine végétale : il s’agit de participer à un concours culinaire 100% féminin sur le thème de l’écologie.

Quoique ouvert aux amatrices ainsi qu’aux professionnelles, le concours "La Cuillère d’or" semblerait au premier regard exclure toutes celles qui cuisinent végéta*ien, la liste d’ingrédients imposés commençant par "volaille de Bresse"…

Or l’agence Cook&Com, qui s’occupe de l’organisation, accepte de considérer les candidatures si elles "restent dans l’esprit de la volaille de Bresse".

A l’origine de cette initiative est l’Association Végétarienne de France, qui veut encourager un maximum de candidatures végétales en prévision des Journées mondiales végétariennes (première semaine d’octobre).

Si vous mangez végé, vous savez surement que la production de chair animale n’est pas le meilleur moyen de participer au dévéloppement durable. Vous pouvez lire ici toutes les explications de Sandrine.

Le défi, donc, est de proposer une recette ayant un faible impact sur l’environnement et qui incorpore un "substitut de volaille", plus des légumes ou fruits frais d’origine française, et de suggérer un vin pour l’accompagner. Le premier prix du concours amateur est un chèque de €1.000.

Le temps presse, car il faut envoyer le bulletin d’inscription avant le 30 septembre (là encore, Sandrine nous explique comment faire).

Cependant, une fois cette formalité accomplie, nous avons jusqu’au 15 novembre pour réfléchir aux ingrédients, créer notre recette et envoyer le dossier complet.

Plus nous serons nombreuses à poser notre candidature, plus le jury (composé de professionnels connus et de journalistes spécialisés) prendra la mesure de l’ampleur croissante de la cuisine végétale dans notre pays.

Alors, pour la planète et pour les animaux, faisons travailler nos méninges !

Gaspacho d’avocats

9 septembre 2010

Gaspacho d'avocats

Je me félicitais que cette soupe conviendrait à tout le monde, car elle ne contient ni produits laitiers, ni fruits à coque, ni gluten. Elle est végétalienne, bien sûr, et parfait pour les crudivores. Mais quelqu’un m’a fait remarquer que c’était sans tenir compte des personnes allergiques aux légumes de la famille des solanacées, comme les tomates, aubergines et poivrons.

En fait il suffit d’omettre le poivron, et le problème est réglé. Sauf si vous n’aimez pas les avocats…

La version originale, de Elisabeth Luard, utilisait du lait de vache. On pourrait le remplacer par du lait végétal, mais je préfère cette version à l’eau qui laisse toute leur place aux parfums des légumes.

S’il vous reste des quantités de tomates au jardin, vous pouvez aussi en ajouter. Elles gâchent quelque peu la belle couleur de la soupe, mais si on a encore la chance de manger dehors le soir, ça ne se voit pas trop…

Pour 4 personnes

1 concombre
1 petit poivron vert
1 ciboule (ou plus)
2 gousses d’ail
3 avocats mures
1 c à c de sel
Le jus d’un citron vert

Mixez le concombre, le poivron, la ciboule et l’ail avec juste assez d’eau pour faire une purée épaisse. Mettez-la dans une passoire posée sur un saladier et pressez bien afin d’extraire un maximum de jus.

Jus vert
 
 
 
 
 
 
 
 

Versez ce liquide vert dans le mixeur (la pâte qui reste dans la passoire servira de base à un autre plat). Pelez les avocats, retirez les noyaux et enlevez toute la chair avec une cueillère, en grattant bien car c’est près de la peau que la couleur est la plus intense.

Ajoutez la chair d’avocat au mixeur avec le sel, le jus de citron vert et 500 ml d’eau. Mixez de nouveau et versez dans une grande cruche que vous mettrez au réfrigérateur au moins une heure avant de servir.

Aubergines aux pois chiches et citron confit

3 septembre 2010

Autrefois, les auteurs de livres de cuisine nous conseillaient d’infliger toutes sortes de souffrances aux pauvres aubergines.

D’abord, il fallait les laisser macérer dans du sel "afin d’éliminer le jus amer". L’unique résultat de cette méthode était des aubergines extrêmement salées qui avaient perdu tout leur tonus. De toute façon je n’ai jamais entendu qui que ce soit se plaindre de l’amertume des aubergines – et même s’il en reste un poil, ne fait-elle pas partie des cinq saveurs indispensables* à tout plat qui se respecte ?

Après, on nous recommandait de noyer nos victimes dans des quantités inouïes d’huile, les rendant ainsi hyper-caloriques et pas très digestes.

J’ignore si ces pratiques brutales subsistent aujourd’hui… heureusement je n’en ai pas vu mention récemment dans les blogs de cuisine !

Il est vrai que si l’on fait revenir des aubergines dans une poêle, elles boivent de l’huile comme si la disette menaçait de près. On peut les rôtir entières au four, ce qui convient pour certaines recettes où elles seront réduites en purée, mais la chair n’acquiert jamais cette couleur roux-noisette si appétisante.

Pour la plupart des plats aux aubergines, je les enfourne avec un peu d’huile pendant une demi-heure et elles en sortent rousses à souhait.

Citrons confits
   
Récemment j’ai eu la chance de trouver des citrons confits – ingrédient que je n’avais jamais cuisiné – et j’ai tout de suite pensé aux aubergines pour leur tenir compagnie.
   
   
   
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Quelques épices complètes sont venues renforcer les saveurs et apporter quelques touches exotiques au tableau – le bâton de cannelle servant de trait d’union entre mes influences indiennes et moyen-orientales.
   
   

Pour 4 personnes

100 g de pois chiches
2 belles aubergines (environ 700 g)
2 c à s d’huile d’olive
2 grandes gousses d’ail
Un bâton de cannelle
1 c à c de graines de cumin
1 c à c de graines de fenouil
½ c à c de graines de fenugrec
700 g de tomates à chair ferme
Poivre du moulin
La moitié d’un citron confit

Commencez la veille en laissant tremper les pois chiches toute une nuit, puis faites-les cuire dans de l’eau fraîche pendant une heure et demie. Conservez l’eau de cuisson. Si vous êtes pressé, utilisez 250 g de pois chiches en boîte, après les avoir rincés avec soin.

Faites chauffer le four à 200°C (Th 6). Coupez les aubergines en tranches de 2-3 cm dans le sens de la largeur. Badigeonnez-les d’une cuillerée à soupe d’huile d’olive, disposez-les sur une plaque anti-adhérente et enfournez pendant 25-30 minutes, en retournant les tranches à la mi-cuisson.

Aubergines cuites au four

Pendant ce temps, hachez finement l’ail, et pelez et hachez les tomates. Chauffez l’autre cuillerée à soupe d’huile dans une grande sauteuse. Jetez-y les épices entières et laissez-les crépiter quelques instants, le temps qu’elles libèrent leurs parfums. Ajoutez l’ail et faites-le revenir brièvement. Ajoutez les tomates, donnez quelques tours du moulin à poivre et laissez mijoter pendant une vingtaine de minutes. (Ne rajoutez pas de sel : le citron confit en contient suffisamment pour saler le plat).

Coupez les tranches d’aubergine en quatre et la moitié du citron confit en dés. Ajoutez-les à la sauce avec les pois chiches, et une ou deux louchées de l’eau de cuisson (ou de l’eau tout simplement) si nécessaire. Laissez mijoter encore une trentaine de minutes, en tournant de temps à autre.

Aubergines

Retirez le bâton de cannelle et servez avec du riz, du quinoa ou du couscous. Comme presque tous les plats en sauce, celui-ci est encore meilleur réchauffé le lendemain.

L’autre moitié de ce citron a parfumé des pâtes aux courgettes et à l’ail. J’en ai mis aussi dans des salades. Si vous avez des idées végétales pour utiliser les trois citrons qui me restent, je suis preneuse !

* sucré, salé, acide, amer et umami (ce dernier étant le goût intense que l’on découvre dans les champignons ou la sauce de soja).