Archive for the ‘Vagabondages’ Category

Stockholm en hiver (deuxième partie)

25 janvier 2011

Hermans1
De la salle de l’incontournable Hermans, on peut regarder passer les bateaux qui relient les îles qui composent la capitale suédoise. Même par un temps brumeux, la vue a quelque chose de magique. A droite de la photo, un parasol replié attend l’été pour accueillir des clients à la terrasse de ce restaurant végétarien.

Nous y avons déjeuné un mercredi car ce jour-là le buffet de midi est 100 % végétal. Pour 100 SEK* (€11,21) on peut se régaler d’un grand choix de plats chauds et froids. Ce prix comprend les boissons chaudes (café, thé et tisanes). J’ai mangé tout ceci…

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 … en laissant un peu de place pour un des desserts qui, comme les autres boissons, sont en sus.

Hermans se trouve à Fjällgatan 23B, au coin nord-est de l’île de Södermalm. Pensez à réserver une table près de la fenêtre afin de profiter de la vue.
 

Nettement plus petit, mais encore meilleur à mon avis du point de vue culinaire, est Hermitage, situé à Stora Nygatan 6, au coeur de la vieille ville (Gamla Stan). La formule est similaire – buffet plus boissons chaudes – et nous y avons très bien mangé pour 90 SEK* (€10,07). Les petits pains étaient vraiment excellents.

Hermitage1

Juste en face, à Stora Nygatan 11, se trouve Sattva Naturbageriet, une boulangerie bio qui vend du pain et de la pâtisserie végans. La boutique principale de l’enseigne est à Krukmakargatan 27A.

Chez Chutney (Katarina Bangata 17-19), une clientèle jeune et quelques touristes avertis se délectent de plats végétariens et végans joliment présentés (malheureusement mon appareil photo était en grève ce jour-là) en portions américaines. Ne sachant pas s’ils avaient adopté aussi la coutûme outre-Atlantique des "doggy bags", et n’osant pas demander, j’ai encore une fois été obligée de terminer mon assiette.

Abyssinia+P1

C’était le cas également au restaurant éthiopien Abyssinia, Vanadisvägen 20, à une promenade digestive de notre hôtel.

Des sélections de plats (végétariens, végétaliens ou carnés) de cette cuisine raffinée sont servies sur des sortes de grandes galettes. Tout était délicieux et bien relevé. Les desserts avaient l’air moins original mais en tout cas, on n’avait plus de place.

L’accueil chaleureux et le service attentif ont rendu notre soirée encore plus agréable.

 
Un deuxième Abyssinia, plus grand, se trouve à Ringvägen 105, au sud du quartier de Södermalm.

Il faut se rappeler que les Suédois mangent tôt le soir (souvent autour de 18 heures) et qu’il convient de vérifier les horaires des restaurants si l’on veut sortir dîner.

On peut aussi déjeuner bien et pas cher aux marchés couverts de Stockholm. Nous en avons exploré trois.

A celui d’Östermalm, Planet Food propose plusieurs sandwiches végans et des jus fraîchement préparés sur place. A Söderhallarna, aux cinquième et sixième étages d’un nouveau centre commercial, il est facile de manger végé : au Beirut Café Deli, par exemple (les végans demanderont un mezetallrik sans yaourt). Le marché au sous-sol de Hötorget, plus cosmopolite, ravira les amateurs de chocolats et de friandises moyen-orientales.

Pour finir, voici en vrac quelques restos que j’ai notés pour une prochaine visite à Stockholm :

Lao Wai
(chinois, végé), Luntmakargatan 74
Govindas (indien, végé), Fridhemsgatan 22
Legumes (buffet végé), Hornsgatan 80
Malaysia (options végés), Luntmakargatan 98
Kokyo (options végés), Sveavägen 105

* Couronnes suédoises.
Taux de conversion au 25 janvier 2011 : €1 = 8.9 SEK

Stockholm en hiver (première partie)

21 janvier 2011

Ce n’est pas peut-être pas la belle saison, mais c’est une belle saison (et je parie qu’elles sont multiples) pour visiter cette ville enchanteresse.

Sous la neige, Stockholm sortait tout droit d’un conte de fée. La capitale suédoise était séduisante, gracieuse et surtout presque vide : pas d’embouteillages, pas de files d’attente, pas de foules dans les magasins malgré des soldes à peu près partout.

Il fait bon y flâner car tous les quartiers du centre ville sont facilement accessibles à pied, les zones sans voitures sont nombreuses et les automobilistes suédois s’arrêtent toujours aux passages piétons. Il suffit juste de garder l’oeil bien ouvert vers le bas, pour éviter le verglas, et vers le haut, où d’impressionnants glaçons menacent à tout moment de vous tomber sur la tête !

Glacons

L’eau, sous des formes moins dangereuses, est partout. Cette "Venise du Nord" (Stockholm partage le surnom avec Amsterdam et Saint-Pétersbourg) est construite sur 14 îles et on n’est jamais loin d’un quai offrant une jolie vue ou d’un pont où l’on peut rester, fasciné, à regarder défiler des flottilles de mini-banquises.

Mais on a vite froid si l’on s’arrête trop longtemps… c’est peut-être l’occasion de découvrir un des 70 musées de la ville (en voici un aperçu) ou de faire une virée dans le métro afin d’admirer les oeuvres d’art exposées dans beaucoup de stations.

Quand on a envie de se reposer et le corps et le cerveau, les vitrines invitent à la détente…

Coussins

ou à la gourmandise…

Vitrine-pain1

Stockholm est aussi une ville où il est relativement facile de manger végétal. Et malgré une idée reçue bien répandue, nous avons trouvé que ce n’était pas plus cher qu’à Paris.

Même le nombre d’heures sans lumière n’avait rien de trop redoutable : il faisait jour plus ou moins en même temps qu’à Paris en ce moment, et la nuit tombait vers 16 heures, comme à Londres en plein hiver.

D’ici quelques jours, je vous parlerai de quelques-uns des endroits où on a très bien mangé pendant notre séjour.

Paris Vegan Day 2010

30 novembre 2010

Comme je partais prendre mon train après une journée formidable, la foule se pressait à la porte de la Bellevilloise où la dernière édition de Paris Vegan Day avait lieu dimanche. A l’intérieur aussi, c’était plein à craquer.

Cet espace nettement plus grand que celui choisi en 2009 s’est révélé juste pour un événement qui a dépassé le stade de happening pour devenir un salon à part entière.

Deborah Brown et son équipe ont relevé le défi de passer à la vitesse supérieure et d’organiser un Paris Vegan Day qui mettait le véganisme au devant de la scène.

Conférences, démonstrations culinaires, beaucoup d’aliments à déguster et à acheter mais aussi des produits non testés sur les animaux, des défilés de mode sans cruauté, des stands d’associations, des concerts… plus quelque 4 000 personnes (selon Wikipédia) qui s’intéressaient à l’art de vivre végan.

Quel plaisir d’être entourée d’esprits similaires ! J’en suis revenue ravie de cette journée, convaincue que le véganisme prend vraiment de l’ampleur en France, et impatiente de connaître la suite…

Sous le soleil de Charleville

6 octobre 2010

Le Sedan-Charleville est la plus ancienne course pedestre de ville à ville de France. Pour le 90ème édition dimanche dernier, Christelle – indéfatigable déléguée de l’Association Végétarienne de France pour les Ardennes – avait organisé un groupe de coureurs "défense animale".

L’idée était que chacun court avec le t-shirt de l’organisation qu’il soutenait, que ce soit végéta*ien, ou autre. J’avais décidé de participer en portant le t-shirt de la Vegan Society britannique, qui arbore le slogan "Vegans go all the way" ("Les végétaliens vont jusqu’au bout"). J’avais la traduction épinglée dans le dos.

En attendant que les aires d’autoroute et les hôtels proposent de la nourriture végétalienne (si, si, il faut garder l’espoir !), dès vendredi j’ai commencé à préparer tout ce dont j’aurais besoin pendant le weekend. En voici un aperçu :

Boulghour-légumes
 
 
 
Pour samedi soir, du boulghour et des légumes, agrémentés d’une petite sauce au kochu chang.
 
 
 
Teurgoule
En dessert, ce qu’on appelle chez nous "le riz au lait de Virginie". Virginie, elle, l’appelle Teurgoule et la recette est sur son blog. J’ai réduit la quantité de sucre, supprimé le calva et remplacé la poire par une pomme (on croule sous les pommes en ce moment).
 
Salade avocat
 
Pour les cinq heures de route samedi, une petite salade en guise de déjeuner, avec du concombre et de l’avocat. J’ai mis le pain dans la salade – c’était plus simple.
 
 
En-cas
 
 
En cas de petite faim : des fruits et les incontournables "oatcakes" (que j’achète ici).
 
 
 
Petit-déj
 
Et le plus important, le petit-déjeuner de dimanche : une galette toute simple de flocons d’avoine, de banane et d’un peu de lait végétal.
 
 
Dernièrement, pour les recettes de ce genre je me suis inspiré de l’excellent Secrets d’endurance de Kecily et Kristof Berg (Ed. La Plage). Ce couple d’athlètes de haut niveau a créé une trentaine de recettes savoureuses, saines et – si on remplace le miel suggéré quelquefois par du sirop d’érable ou d’agave – parfaitement végétales. Leur blog est une autre source de bonnes idées (pour la cuisine, mais aussi pour l’entraînement).

Les barres, biscuits et smoothies dans le livre, bourrés d’énergie et mis en valeur par les photos d’Eric Fénot, portent des noms évocateurs des endroits exotiques où Kecily et Kristof vont courir des 30 km, marathons et autres ultra trail.

Moi, par contre, je me limite normalement au semi-marathon (21,1 km), alors les 24,3 km du Sedan-Charleville représentaient déjà un défi, ainsi que le parcours vallonné le long de la Meuse. Mais le plus dur, c’était la météo : 25°C l’après-midi en octobre, c’est assez exceptionnel, et magnifique tant qu’on ne court pas… mais dès le départ Christelle, Kate et moi n’étions pas seules à savoir que nous allions souffrir. Au moins, c’était pour de bonnes causes.
 
3_végés_blog
 
Christelle, qui mène notre petit groupe sur la photo, avait des logos AVF un peu partout et le message "Pour dire tout haut ce que les animaux souffrent tout bas" au dos. Kate, à gauche, portait un t-shirt contre la corrida (et des cornes sur la tête pour souligner le point). Et à droite, c’est moi.

Kate a franchi la ligne d’arrivée en 2 heures 40, suivie quelques minutes plus tard par Christelle et puis moi-même. Vu la chaleur qu’il faisait, on était toutes contentes d’avoir terminé en moins de trois heures.
 
 
Finalement on était peu nombreuses, mais l’intérêt qu’on nous a témoigné montre que beaucoup de gens sont sensibles à la souffrance des animaux, même s’ils les mangent encore… Et comme disait Christelle : "C’est bien d’être au début de quelque chose !" On peut aussi participer à cette course en marchant ou à vélo, les encouragements des multiples spectateurs rendent l’ambiance très sympa, et c’est une occasion de connaître la jolie région de Charleville-Mézières et de Sedan.

Qui a envie de venir nous rejoindre l’année prochaine ?

Gourmandises pour la peau

14 août 2010

J’avais une demi-heure à tuer avant mon train, ce qui m’a permis de faire un détour dans une des trois boutiques Lush à Paris – en l’occurrence, celle du 50 rue du Faubourg Saint-Antoine, dans le 12ème*.

Cela faisait un moment que j’avais envie de m’y arrêter : tous les "cosmétiques frais faits main" de Lush sont végétariens et la plupart sont végétaliens (il faut chercher le "V" vert sur les emballages écologiquement minimalistes).

Lush 1
On dirait une pâtisserie pour géants avec de grands blocs et petits galets de toutes les couleurs. En fait, ce sont des savons, des shampooings, des barres de massage… leur forme solide évitant de porter de l’eau qu’on peut très bien rajouter chez soi (ça tombait bien car j’étais déjà bien chargée après une virée dans les épiceries exotiques).

Avec plein de parfums gourmands dans l’air et un "best of" Boris Vian en toile de fond, j’aurais bien traîné plus longtemps à tout humer et tout regarder. Sabrina et David ont guidé mes choix avec gentillesse et je suis repartie avec une carte de fidelité gratuite (ce n’est pas toujours le cas, et j’ai apprécié qu’on ne me demande pas mes coordonnées pour après m’envoyer de la pub ou vendre mon email).

Quelques ingrédients seulement empêchent les produits Lush d’être 100% végétaliens : un peu de miel par-ci, un soupçon de lanoline par-là. Ce serait chouette si un jour cette société internationale se décidait à aller jusqu’au bout.

En attendant je me tartine de mes nouvelles fragrances, en espérant que je ne vais pas ainsi attirer encore plus d’aoûtats…

*La liste complète des boutiques Lush en France se trouve sur leur site.

Blancheur tropicale

21 janvier 2010

Pendant que les nuits les plus longues sévissaient sur l’Europe, je marchais pieds nus dans l’Atlantique tropical pour fêter les jours les plus longs dans l’hémisphère sud.

Nous étions partis au nord-est du Brésil faire le plein de chaleur, de vitamine C et de musiques traditionnelles.

Ma dernière visite remontait à l’an 2000 et j’étais ravie de découvrir que la chaîne de restaurants "Ver o peso", où l’on paie selon le poids de son assiette, avait fait plein de petits. La formule s’appelle "self-service" et permet de goûter à de nombreux plats, y compris un large choix de légumes, féculents, salades et fruits. Par exemple :

Jantar

J’ai aussi renoué une vieille histoire d’amour avec la tapioca, sorte de galette vendue à tous le coins de rue et préparée en un clin d’oeil avec une farine de manioc appelée goma.

De retour à la maison avec un paquet de cette farine dans mes bagages, j’ai trouvé que la tapioca n’est pas du tout difficile à cuisiner. Il faut juste tamiser la goma, rajouter une pincée de sel et étaler suffisamment pour faire une galette un peu épaisse sur une poêle chaude – pas besoin de liquide ni d’huile. On saupoudre de noix de coco fraîchement râpée et on laisse cuire quelques minutes.

Comme par enchantement, les bords de la galette commencent à se lever quand elle est prête.

Tapioca dehors

Après l’avoir photographiée dehors pour souligner son étonnante blancheur, j’ai découvert que la tapioca est tout aussi délicieuse un peu refroidie. Reste à repérer où acheter de la goma en France, car elle se conserve mal et mes réserves sont en train de s’effondrer comme la neige…

Une journée végétale à Paris

24 novembre 2009

Les produits qui imitent les aliments carnés – seitan, tempeh et compagnie – me laissent plutôt froide. En même temps, je suis toujours curieuse de découvrir de nouvelles saveurs.

C’est donc le coeur partagé, mais les papilles gustatives grandes ouvertes, que je suis allée dimanche au Paris Vegan Day, événement organisé par un groupement d’associations végétaliennes, car une majeure partie de cette journée était consacrée à la dégustation et aux démonstrations de cuisine qui mettaient en valeur ces ingrédients.

On se pressait autour du stand de Loving Hut, premier restaurant parisien 100% végétalien, qui proposait des brochettes de faux poulet : du tofu filandreux plus vrai que nature que mes compagnons carnivores trouvaient excellent. J’ai préféré les rouleaux de printemps, légers, frais et croquants.

Aussi au menu : des échantillons de faux fromage (alors là, ça commence à intéresser l’ex-végétarienne que je suis). En effet, j’ai trouvé à ce succédané de gruyère un petit goût de fromage et même de culpabilité – mais il fallait peut-être ne pas avoir mangé de vrai fromage pendant presque trois mois pour en arriver là…

J’en ai acheté un paquet, histoire de voir ce qu’il y avait dedans. Ce produit, importé de la Suisse, s’appelle No-Muh-Chäs ("fromage sans meuglement") et la liste d’ingrédients est en allemand. Je prends un dictionnaire, je puise dans des connaissances vieilles de plusieurs décennies et je vous traduis : eau, graisse et huile végétales, amidon de pommes de terre, levure en poudre, farine de riz, purée de noix, sel gemme, épices, vegetabiles Aroma (sic), carraghène et acide lactique végétal. Ouf ! Bravo à ceux qui ont concocté un goût de fromage, même si c’est celui des chips au fromage, à partir de tout cela !

A côté, l’équipe de Plaisir végétal servait des friandises et des boissons, y compris un petit jus de gingembre qui méritait bien un détour.

Entre-temps, Deborah et Caroline Brown-Pivain du Gentle Gourmet avaient commencé leurs démonstrations culinaires avec des amuse-bouches et des entrées. On était nombreux à se bousculer pour voir, entendre et déguster.

Plus tard, Kardinal, chef extraordinaire de VG-Zone, s’est lancé dans la préparation de son Seitan Royal, sorte de hamburger végétal à base de gluten en poudre. J’ai compris que la recherche de plats qui imitent fidèlement la saveur carnée est importante pour rallier de nouveaux adhérents à la cause végétalienne. Car même si moi je préfère concocter des galettes à partir de lentilles et de haricots, elles ne duperaient jamais ceux qui restent attachés au goût de la viande.

L’équipe de VG-Zone nous a étonnés également avec des desserts divins qui valaient vraiment le voyage. Je sens que je vais devenir habituée de leur site, où ils partagent plein de recettes.

J’ai feuilleté la collection de livres de cuisine de fraîch’attitude, qui hébergeait la journée, je me suis abonnée à la revue Végétariens Magazine, j’ai salué les représentants de l’Association Végétarienne de France, dont je suis déjà membre, et j’ai acheté du chocolat Plamil et Bonvita.

Mais nous devions partir prendre le train, et il n’y avait pas suffisamment de temps pour tout voir. J’aurais bien aimé, par exemple, m’arrêter au stand de Lush, dont j’ai acheté les produits cosmétiques frais à Londres sans savoir qu’ils sont végans à 90% et que la société gère 11 magasins en France (on peut aussi commander en ligne).

Il faut espérer que le succès de cette journée donnera envie aux organisateurs de recommencer l’année prochaine – ou pourquoi pas avant ?